
Projection rencontre
Le 17 octobre 1961, la police française réprime dans le sang une manifestation pacifiste visant à protester contre le couvre-feu imposé aux Algérien·nes vivant en France, alors que la guerre qui fait rage de l’autre côté de la Méditerranée n’est encore décrite que comme des « événements ».
Saisis par l’urgence de recueillir la vérité sur cette journée, Jacques Panijel et ses collaborateurs s’emparent d’une caméra pour délivrer la parole de ceux et celles qui ont participé à cette manifestation. Le film sera censuré pendant près de 10 ans, tant la dénonciation du racisme, de la violence ordinaire, de la torture se fait sans ambages. Un document exceptionnel pour se rapprocher de cette période trop souvent oubliée. L’histoire même de ce film est significative de la difficile construction d’une mémoire de la Guerre d’Algérie en France.
Suivi d’une rencontre avec Alain Monchablon, historien et membre de la LDH
UN MOT SUR LE FILM
"En entremêlant les témoignages individuels, le montage fait des Algériens un sujet collectif. Réalisé par des français solidaires, le film est aussi imprégné d’un souci d’interlocution et de mise en rapport. Sur le témoignage off d’un Algérien jeté à la Seine, des plans en caméra subjective cherchent l’identification du spectateur. L’écriture trace pour conclure une continuité entre le 17 octobre 1961 et la violence policière sanglante qui s’est abattue sur des manifestants français au métro Charonne en février 1962. Face à une fin qui, contre le fascisme renaissant, somme ceux qui se croient à l’abri des coups de comprendre que « tout le monde est un youpin, tout le monde est un bicot », il n’est pas difficile non plus d’établir une continuité avec 2026. Un film peut à la fois être un document d’époque et un signal d’alarme pour l’avenir." - Romain Lefèbvre, Cahiers du cinéma
