
MINOTAURE de A.Zviaguintsev (2h22 - vo)
Gleb, chef d’entreprise, découvre avec horreur que sa femme a une liaison. Alors que la Russie envahit l’Ukraine, il profite du pouvoir qu’il remporte, au nom de l’effort de guerre, pour se venger du couple adultère.
La trame narrative s’inspire de "la Femme infidèle", de Claude Chabrol, récit sec qui dépeignait l’hypocrisie bourgeoise de la France pompidolienne, et qui fait curieusement écho dans la Russie de Poutine. Au milieu de ce labyrinthe des passions, on retrouve sans peine le style d’Andreï Zviaguintsev et sa vision pour le moins pessimiste du monde. Salué au Festival de Cannes pour la rigueur de sa mise en scène, aussi implacable que son personnage principal, le film est un portrait sans concession d’un pays, dévoreur des âmes et des consciences.
Vend. 30 oct. - 20h45
Dim. 1er nov. - 15h30
Lun. 2 nov. - 20h30
BUTTERFLY JAM de K. Balagov (1h37 - vo)
Dans le New Jersey, on suit les pas d’un jeune lutteur tcherkesse qui vit avec son père, Azik – pas totalement sorti de l’adolescence – et sa tante. Autour d’elle et eux gravitent des personnages à peine esquissés: un propriétaire de restaurants ambitieux, une lutteuse afro-américaine complexée. Et il y a Marat, l’ami d’Azik, par qui la tragédie arrive sans prévenir.
Le film s’écarte peu à peu de la chronique sociale afin de saisir un trouble insondable. Le cinéaste nous plonge dans un réalisme distillant toutefois des notes d’espoir qui rendent le récit très touchant.
Mer. 28 oct. - 16h45
QUI VIT ENCORE De Nicolas Wadimoff (1h54 - vo)
Dans un studio de cinéma, douze palestinien·nes exilé·es en Égypte sont réuni·es. Alors qu’un tracé blanc au sol délimite les frontières de la bande de Gaza, chacun·e se remémore les lieux qu’ils et elles ont visités et habités, aujourd’hui disparus.
Par cette expérience, Nicolas Wadimoff signe un documentaire représentant le destin de plus de 12 000 personnes actuellement exilées de leur pays.
Dans une démarche qui n’est pas sans rappeler celle du réalisateur iranien Mehran Tamadon (Mon pire ennemi) ou encore celle de Kaouther Ben Hania (La Voix de Hind Rajab), le cinéaste suggère une représentation de l’horreur par la reconstitution plus que par les mots. À travers une série de témoignages bouleversants, c’est l’urgence que vient souligner ici Qui vit encore, alors que, jour après jour, les individus, les lieux, et finalement la mémoire s’effacent peu à peu.
Jeudi 29 oct. - 18h30
PÂQUES SANGLANTES de Giuseppe De Santis (1h43 - vo)
Un berger revenu de la guerre découvre qu’il a été floué par le propriétaire du coin. Il se lance alors dans une vengeance qui finit par fédérer autour de lui les autres paysan·nes exploité·es. Cette vendetta rurale séduit et surprend : De Santis s’approprie les codes du western pour mieux raconter une histoire millénaire. Chez lui, le destin a également son rôle à jouer, et le cinéaste sait à merveille manier l’émotion, faisant parfois basculer le film du côté du mélodrame.
Dim. 1er nov. - 19h
