
Projection rencontre
En partenariat avec le TQI
275, de la rue Santa Fe à Santiago du Chili. C’est une maison en apparence ordinaire, dans une rue en apparence ordinaire. Mais c’est là que se cachait Miguel Enriquez, dirigeant du Mouvement de la gauche révolutionnaire et où il est mort sous les balles de la junte militaire. Ancienne militante, la cinéaste Carmen Castillo revient sur les lieux, vers cette maison qui l’attire à la manière d’un trou noir et qui symbolise le désastre des années 70 au Chili. Peut-on vraiment revenir dans son pays, après des années d’exil et de douleur ? Que retrouve‑t-on de ses souvenirs et de ses rêves des décennies après être parti·e ? Dans le labyrinthe des souvenirs et des destinées, Carmen Castillo est notre guide, mélancolique et combattive, dressant le portrait passé et présent du Chili, ce pays tant aimé, et si dur à retrouver.
Séance présentée par l’autrice et metteuse en scène Daniela Labbé Cabrera
UN MOT SUR LE FILM
«[Carmen Castillo] partit en exil à Paris, où elle a vécu jusqu’à aujourd’hui, réalisant notamment des documentaires pour la télévision. Son film raconte son double retour au Chili, dans les années 80 et en 2005, où elle retrouve sa famille et les militants de l’époque, qui furent tous torturés puis exilés. Les images d’aujourd’hui se mêlent à des images d’archives télévisuelles. Ce documentaire absolument bouleversant est à la fois un pan d’histoire politique, une grande histoire d’amour, un poignant mélodrame sans pathos, une lettre d’amour au peuple chilien résistant, un appel galvanisant à l’esprit de révolte, mais aussi un regard rétrospectif lucide sur les impasses de la radicalité et sur les dégâts causés à la génération suivante. Cette oeuvre de chair, de sang, d’idées, d’idéaux et de mémoire est menée par la voix off de Carmen Castillo énonçant un texte superbement écrit. Grand film, grande femme. » Serge Kaganski, Les Inrocks, 29 mai 2007
