Six mois dans la maison rose et bleue : avant-première en présence de Chloé Caye

Événement

Projection rencontre

Lundi 21 septembre à 20h
Dans le cadre du Retour de Cannes 2026 du GNCR, en partenariat avec le GNCR

C’est une maison colorée où on célèbre des anniversaires, des fêtes, une maison emplie de tendresse. Mais un jour, le père tombe malade, et la menace de la mort se met à planer alors que tous et toutes s’efforcent de garder une part d’insouciance.

Le réalisateur utilise la fiction pour mieux raconter ses souvenirs d’enfance, tout en puisant dans les ressources du documentaire, interrogeant notamment sa mère sur cette période difficile. On pense à l’univers d’Almodóvar devant ce choix résolu à raconter une histoire pourtant douloureuse dans des tonalités étonnamment vives. Récit d’apprentissage, le film l’est à plusieurs titres : en abordant la question de la maladie, certes, mais aussi en racontant la manière dont un tout jeune adolescent appréhende son corps, les questions d’amour et son orientation sexuelle. En creux, le film se fait aussi chronique du Mexique des années 1990, où le sida est encore tabou, et les préjugés sur cette maladie nombreux.

Avant-première suivie d’une rencontre avec Chloé Caye, critique, théoricienne et enseignante du cinéma

LE MOT DU RÉALISATEUR

« Très vite, écrire est devenu un dialogue permanent entre le souvenir et l’invention. Je regardais des photographies de cette époque, visionner des vidéos en Hi8, revenir à ces conversations... et soudain des souvenirs apparaissaient. Mais il y avait aussi des trous. Et dans ces trous, l’imagination surgissait. Et l’imagination faisait naître davantage de mémoire. Et cela produisait davantage d’écriture. Jusqu’au moment où j’ai compris consciemment que ce que j’étais en train de faire relevait de la fiction. Une fiction née de ce dialogue. Et pendant ce processus, quelque chose a émergé qui m’a profondément marqué, quelque chose que j’ai entendu au sein de ma famille, quelque chose qui m’a blessé de façon très profonde. Pas tellement à cause de sa véracité ou non, mais parce que cela révélait une méfiance très profonde à l’intérieur d’une relation que j’avais toujours vécue sous le signe de la tendresse. Et cela m’a beaucoup fait réfléchir à la manière dont la tendresse peut aussi fonctionner comme une forme de protection, voire de dissimulation. Une manière de traverser la douleur sans jamais la nommer. La force motrice du film, l’énergie créatrice, c’était cette douleur. La matière première, c’étaient les entretiens, la mémoire, l’imagination — énormément d’imagination — et l’invention ! » Bruno Santamaría Razo

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