
Avant-première
Rome, années 80. Alors qu’elle sent poindre le crépuscule de sa carrière, l’actrice Eddie Mars se rend dans la Ville éternelle avec sa fidèle maquilleuse pour un projet insolite : un film d’anticipation situé en 2026, produit par deux sœurs avant-gardistes.
C’est un somptueux hommage à la capitale italienne et à son héritage que rend ici Mandico. De Fellini à Franco Nero, le cinéaste nous émerveille de références aux plus belles œuvres du cinéma italien des années 60, mais attention à ne pas s’y méprendre : ici, la nostalgie de La Dolce Vita n’est autre que le splendide écrin pour mieux évoquer le sort funeste des artistes et du cinéma, dans un monde visuel aux images sans cesse remâchées, et en plein avènement de l’IA !
Avant-première dans le cadre du Retour de Cannes du GNCR
LE MOT DU RÉALISATEUR
« Rome a symbolisé quelque chose qui touche à une façon de vivre le cinéma, avec le cinéma, autour du cinéma. Cette atmosphère si particulière dont La Dolce Vita a su rendre compte de façon iconique. Il y a eu une époque, où, jusqu’aux américains, tout le monde rêvait d’un Rome qui détrônerait Hollywood. Minelli l’a raconté dans 15 jours ailleurs. Faire un film en Italie, c’est ressentir le cinéma. Un mélange de toc et de pierres immuables, de fêtes, de culture et de mythes éternels [...] La Rome que j’ai imaginée tient plutôt du collage, du fantasme. Dès les repérages, j’ai tenu à fuir les clichés, la contemporanéité encombrante. La ville aujourd’hui est saturée de voitures, a perdu en son centre ses stigmates et sa saleté. On a, finalement, très peu tourné là-bas : trois jours, sur un tournage qui s’est déroulé sur quinze journées, plus quelques journées de captations en équipe réduite, ce qui est là aussi extrêmement rapide ! Le reste de ce « film romain » a été filmé dans le sud de la France : Nîmes, Nice, Martigues, Vitrolles... Là où les romains sont passés ! À mes yeux, représenter une ville, ça ne signifie pas tourner sur les lieux-mêmes. Il y a d’autres moyens de convoquer un endroit. [...] Une fois posée l’idée de faire un film sur Rome, a surgi l’envie de raconter quelques jours d’une icône en perdition, malade, dans une ville qu’elle ne connait pas. C’était la mort dans la ville qui m’intéressait. L’idée d’une actrice malade ne pouvait qu’embrasser une période où le cinéma lui-même était malade, malade de sa télévision, de ses dérives. Je trouvais ce déclin des années 80 ciné-génique. » - Bertrand Mandico
