Témoin à charge de Billy Wilder

Événement

Projection rencontre

Dimanche 27 septembre à 18h
À l'occasion du lancement de saison, redécouvrez un classique de Billy Wilder !

Comment penser un seul instant que ce charmant Leonard Vole aurait pu se rendre coupable du crime odieux dont il est accusé: l’assassinat d’une vieille dame ? Sir Wilfrid Robarts, vieux briscard du barreau, décide de défendre cet accusé, et se lance dans sa propre enquête.
Témoin à charge demeure l’un des meilleurs films de procès hollywoodiens, mené d’une main de maître par Billy Wilder. À l’instar d’Agatha Christie, il sait manier à la perfection l’exploration de l’âme humaine et l’humour caustique qui va si bien à Charles Laughton. Tenez-vous prêt·es pour la révélation finale !


Projection suivie d’une rencontre avec Marc Cerisuelo, auteur de Billy Wilder, un Européen à Hollywood (Capricci, 2026)
En partenariat avec la médiathèque du Centre‑ville, dans le cadre de son ouverture de saison qui rend hommage à Agatha Christie à l’occasion des 50 ans de sa disparition : En savoir +

UN MOT SUR LE FILM

« Dans le documentaire Portrait d’un homme à 60% parfait: Billy Wilder qui accompagne la réédition de Témoin à charge chez Rimini Éditions, Michel Ciment explique pourquoi il considère Sherlock Holmes comme l’alter ego du cinéaste: «C’est un enquêteur qui veut trouver la vérité, un homme rationnel.» On se permettra de contredire un peu le critique: si un personnage ressemble à Wilder dans sa filmographie, c’est bien sir Wilfrid Robarts, le ténor du barreau de Témoin à charge interprété par Charles Laughton. Un peu terne dans la pièce originelle d’Agatha Christie, il est doté dans le film d’un humour à froid, d’une énergie physique explosive, d’un amour immodéré pour le cigare et d’une persévérance qui sont l’apanage du cinéaste. Surtout, ce dernier file tout au long du film une analogie unique entre son métier et celui d’avocat. [...] Dans l’une des premières scènes, Robarts reçoit dans son bureau Leonard Vole (Tyrone Power), suspect numéro un du meurtre d’une riche bourgeoise qui clame son innocence. Pour mettre à l’épreuve sa sincérité, le juriste chausse un monocle et, jouant avec la réflexion du soleil, braque une lucarne aveuglante sur le visage de Vole. C’est un simple champ-contrechamp: Laughton, debout, imperturbable, qui braque son rayon, et Power, assis, ébloui, luttant pour garder sa contenance. «Ce n’est pas moi, malgré les apparences! Il faut me croire! Vous me croyez ?» Le monocle est devenu un projecteur, et l’avocat, un metteur en scène qui dirige la lumière pour révéler une vérité. Et si celle-ci s’avérait finalement être un mensonge, c’est parce que le cinéma selon Wilder est d’abord un art de l’illusion: c’est nous, spectateurs, qui sommes aveuglés, pris au piège de la lumière, menés à croire ce que l’on nous montre. »  - Michaël Patin pour Trois Couleurs

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