
Avant-première
Christophe, 11 ans, est enfant d’agriculteur·rices dans la Beauce. Il apprend les ficelles du métier et participe à la vie de la ferme… jusqu’au jour où son dos ploie et où il est contraint de porter un corset. Une trajectoire qui, comme une colonne vertébrale, dévie. Telle est l’histoire de ce beau film d’animation sous forme de parcours initiatique, où les chemins se révèlent loin d’être tout tracés. En encre de Chine et aquarelle, le trait est délicat, mais le film n’a rien de lénifiant: la réalité de la vie à la campagne dans une exploitation agricole, la difficulté à communiquer avec un père taiseux ou encore les contraintes liées aux impératifs de classes sociales sont évoquées avec toutes leurs aspérités et leur complexité.
Film accessible pour le jeune public à partir de 8 ans
Dans le cadre du lancement de saison 2026-2027 et des Rendez-vous de l’animation
Avant-première suivie d’une rencontre avec le réalisateur, Louis Clichy
Ce film est disponible en version audiodécrite et sous-titrée pour les personnes sourdes ou malentendantes.
LE MOT DU RÉALISATEUR
« Pour planter les décors, je suis retourné en Beaucefaire des repérages avec Cécile Guillard, la directrice artistique du film. Une bonne partie de ma famille évolue dans le milieu agricole, donc j’avais des portes d’entrée dans des fermes et des coopératives, ce qui m’a permis d’observer tout cela de près.Ce n’était pas évident de trouver la patte visuelle du film, parce que je n’avais pas envie d’édulcorer ce qu’est la région: une terre plate, énormément de lignes à hautes tensions, de rares bois, des fermes carrées, trèsfermées, pour se protéger du vent. C’est un aspect révélateur d’ailleurs, d’une sorte de renfermement social aussi. Je me suis très vite dit que, même si je maîtrisais mieux le noir et blanc, il allait falloir mettre de la couleur, quelque chose de vif, d’assez bariolé, parce qu’il y avait des saisons à raconter. L’aquarelle m’a alors paru intéressante, avec de grandes réserves de blanc, de vastes ciels, avec une ligne d’horizon bien nette. Ce sont donc les cieux qui apportent énormément de richesse à l’image. [...] Le trait, au pinceau à l’encre de Chine, permet d’aller à l’essentiel et de ne pas se perdre dans un fourmillement de détails inutiles. Ça laisse le champ libre à l’incarnation, à l’authenticité (du trait donc des émotions), à une certaine vérité des sentiments. Il est, par principe, artisanal et convient parfaitement à mon sujet, assez ancré sur le geste, ancestral. Le choix de l’animation traditionnelle permet à la fois d’exagérer les expressions, quand il s’agit de lorgner vers le cartoon, de rendre l’irréel palpable quand Christophe fait vriller l’univers, mais aussi d’être délicat avec peu de traits pour traduire des émotions subtiles. L’aquarelle met l’accent sur la lumière dans l’image et, surtout, elle assure la spontanéité du geste pour éviter à tout prix l’effet « coloriage ».» - Louis Clichy
