Le Destin de Youssef Chahine : une séance en musique !

Événement

Ciné concert

Jeudi 17 septembre à 19h30
Dans le cadre du Festival Play it Again !

En partenariat avec l'ADRC

Dans l’Andalousie du XIIe siècle, une secte veut faire disparaître les oeuvres du philosophe Averroès, incarnation de la libre-pensée et de la lutte contre l’intégrisme religieux et l’obscurantisme.
Sans doute y a-t-il beaucoup de Chahine lui-même dans son Averroès. Mais rien de statique ou de didactique chez le cinéaste égyptien : tout est danse, mouvement, chant, vie, et la comédie musicale se mêle par instant à la fresque historique pour lui donner toute sa vigueur.

Projection précédée d'une conférence-concert d'Amal Guermazi, musicologue, sur le thème "Youssef Chahine : un processus musical de création" (1h) et d'une pause gourmande

UN MOT SUR LE FILM

« Si la pensée d’Averroès ­ qui procède en partie d’Aristote ­ n’est pas très développée ou explicitée ici, c’est plutôt l’expérience citoyenne du philosophe, son rôle dans la communauté, comme sage, comme modérateur entre les différentes factions, que Chahine met en avant. Un passeur, aurait dit Daney… Ici, le philosophe est le truchement évident du cinéaste. Encore et toujours, dira-t-on, tant Chahine a la manie de l’autoportrait. Arabe chrétien né à Alexandrie, la ville la plus cosmopolite d’Egypte, Chahine s’est imposé peu à peu comme cinéaste clé du monde arabe le plus ouvert, dans le meilleur sens, à la culture occidentale. La défaveur, puis la censure, dont souffre Averroès est similaire à ce que subit Chahine, figure respectée et populaire, gloire nationale égyptienne, mais en même temps constamment sur le fil du rasoir, régulièrement vilipendé pour son franc-parler ou son franc-filmer. L’interdiction en Egypte de L’Emigré, son film précédent, a d’ailleurs poussé ce casse-cou de 70 ans à tourner Le Destin­ où il a, de plus, intégré des épisodes de sa vie qui avaient pour lui valeur d’exemple : la soudaine conversion à l’intégrisme de son acteur fétiche, Mohsen Mohiedine, vedette de quatre de ses films, lui a notamment inspiré le personnage d’Abdallah, fils du calife dévoyé par les fanatiques. C’est celui pour lequel Chahine a le plus de tendresse, avec ses doutes, sa violence, sa faiblesse, qui le mènent de la danse profane sur la terrasse de la gitane à la danse rituelle de l’inquiétante secte où il est enrôlé. Décrivant avec maestria le glissement progressif d’un camp à l’autre, Chahine détaille le mécanisme d’endoctrinement et l’entraînement du guerrier de la foi qui, comme dans toutes les sectes ­voire dans les groupuscules terroristes ­commence par une séduction presque amoureuse. »  - Vincent Ostria dans Les Inrockuptibles (1996)

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