
Projection rencontre
C’est une facette méconnue du Viêt Nam. Madame Hau habite un village reculé dans une grotte, comme l’ont fait avant elle les membres de la communauté Ruc. Elle parcourt souvent le chemin jusqu’à Saïgon, pour voir ses petits enfants, et leur transmettre quelques bribes d’une culture ancestrale déjà presque oubliée. Nicolas Graux et Minh Quý Trương suivent la route de cette grand-mère, comme celle-ci fait glisser sa barque sur la calme rivière. Le film se chapitre au gré des mots que Mme Hau murmure dans une autre langue, et c’est là tout un héritage, un certain lien avec la nature, et la vision d’une profonde humanité, dont nous rendent témoins le duo de cinéastes.
Suivi d’une rencontre avec les cinéastes, Nicolas Graux et Minh Quý Trương, animée par RomaiLefebvre, enseignant et critique pour Les Cahiers du cinéma
En partenariat avec l’ADRC
LE MOT DES CINÉASTES
« Les grottes, vastes ou étroites, abondent dans cette région du centre du Vietnam, près de la frontière laotienne. Au fil de millions d’années, l’eau a creusé les montagnes calcaires, formant ces cavités naturelles dans les parois. Et c’est dans ces grottes que sont abrités les souvenirs d’enfance de Mme Cao Thị Hậu. Elle y est née et vit aujourd’hui dans un village proche du lieu de son enfance, accessible par de petits sentiers de terre dissimulés, serpentant à travers la jungle. [...] Le film se déploie comme un livre pour enfants, avec des images colorées et des mots simples : Eau – Feu – Sang – Chauve-souris – Rêve – Cheveux – Souvenir – Pluie – Ciel – Terre -Lumière – Nuit… Au montage, les images et les sons se sont assemblés en un courant spontané, et nous avons accepté de nous laisser porter par ce courant. Dans le flux ininterrompu de la mémoire et de l’imagination, nous avons accueilli les changements que les deux années séparant les périodes de tournage avaient discrètement introduits dans la vie de nos protagonistes : les cheveux de Mme Hậu ont poussé, son visage s’est marqué de rides plus profondes ; quant au petit garçon, qui n’en est plus vraiment un, il porte désormais en lui les pensées mélancoliques de l’adolescence. Naître, grandir, puis s’en aller ; tel semble être le destin de la plupart des jeunes de son village natal. En réalisant ce film, nous avons fait le chemin du retour, ne serait-ce que pour un bref instant. » - Nicolas Graux et Minh Quý Trương
La billetterie pour cet événement sera bientôt en ligne.
