
Avant-première
1967, à La Higuera. Ernesto Guevara et 17 guérilleros, alors en pleine quête d’expansion du communisme, mènent leur dernière bataille en Bolivie. Dans un brutal arrêt, tandis que le Che est capturé et sur le point d’être abattu, le dirigeant bolivien de l’époque se serait exprimé : “Restez calme et visez bien, vous allez tuer un homme”. Voilà bien souvent où s’arrête l’Histoire. Pourtant, une question demeure : qu’est-il advenu des hommes qui accompagnaient le célèbre guerrier révolutionnaire ? À travers des témoignages d’anciens guérilleros, des images d’archives ou encore des reconstitutions animées, Christophe Dimitri Réveille livre un récit fascinant, et révèle une épopée méconnue, digne des plus grands films d’espionnage.
Avant-première suivie d’une rencontre avec le réalisateur, Christophe Dimitri Réveille
LE MOT DU RÉALISATEUR
« J’adore comprendre la grande histoire par le biais des petites histoires. Quand on s’intéresse à l’histoire par les grands hommes, on se dit : « lui c’était un bon, lui c’était un salaud… », mais quand on rentre plus profondément dans l’humain, c’est plus compliqué. On est aujourd’hui dans un monde polarisé où tout est tout blanc ou tout noir, alors que les choses sont complexes. Qu’est-ce que trahir, qu’est ce que résister ? L’un des survivants dit : « quand je me suis engagé, je ne savais pas ce qu’était la révolution, ni même qui l’avait inventée » ! Quant à Debray, à l’inverse, on voit tout de suite qu’il est parti en Bolivie motivé par une idéologie, une construction intellectuelle. Parmi les trois survivants du film, on sent que Pombo est plus politique que les deux autres, il était très proche du Che. Les deux autres, non. Benigno s’est engagé parce qu’on avait massacré sa famille et parce qu’il avait conscience que les paysans cubains étaient opprimés par le régime de Batista. À Cuba et en Bolivie, il était devant, en première ligne. Ces hommes-là sont des fous furieux, normalement ils ne rentrent jamais vivants, ils sont les premiers à prendre les balles. Urbano était aussi du genre tête brûlée, il faisait partie des pelotons-suicide à Cuba, avec une espérance de vie de deux mois. Il a intégré la garde rapprochée du Che. [...]
Je savais qu’il fallait commencer mon film là où les autres s’arrêtent. Richard Dindo a fait un beau film sur le Che qui s’arrêtait à sa mort, et il disait : « la suite est une autre histoire ». Cette autre histoire, c’est mon film. Je voulais prendre la main des spectateurs avec l’embuscade du ravin, une scène d’action au début de mon film, en me disant qu’on trouverait ensuite une brèche pour revenir sur l’engagement des combattants. J’ai insisté pour que la grande histoire soit présente et contextualise les parcours individuels. À part Pombo, ils n’avaient pas conscience des grands enjeux stratégiques et politiques. Benigno explique qu’il n’a pas compris pourquoi les communistes ne voulaient pas les aider. Mais ils ont quand même été aidés par des gens qui étaient au PC. Dans les partis communistes, il y avait des gens qui aidaient spontanément tandis que les dirigeants suivaient leur propre stratégie. [...] L’animation sert à montrer les silences, les images manquantes, elle permet de plonger plus émotionnellement et plus profondément dans ce que ces guérilleros ont traversé. Ce film, c’est un film d’aventure et j’espère qu’il va toucher les 15-25 ans parce que c’est pour eux que je l’ai fait. Pour le gamin un peu paumé que j’étais. » - Christophe Dimitri Réveille
La billetterie pour cet événement sera bientôt en ligne.
