Gouffres et Merveilles : rencontre avec le réalisateur !

Événement

Projection rencontre

Samedi 5 septembre à 20h30
Un road movie de l'amitié, en route vers la quête de soi

Un beau jour, Jean propose une idée à Christine, sa meilleure amie : il et elle prendront la route en direction de la maison de la mère de Christine, cette femme qui l’a tant blessée, afin de trouver une lettre d’adieu de son père, aujourd’hui décédé.
Un projet un brin excentrique, à l’image des deux protagonistes de ce truculent road trip. Sur un ton résolument irrévérencieux, c’est une belle histoire d’amitié autant que de reconstruction qui se dessine : ici, les virages prennent peu à peu la forme de choix de vie, les embrouilles entre copains résonnent comme des traumatismes dont on a pas encore su se défaire. Et si tout cela pourrait sembler éloigné de Hors service, le précédent film du réalisateur sur d’ancien·nes fonctionnaires heurté·es par l’évolution des conditions d’exercice de leur métier, on en devine pourtant le fil conducteur : car c’est ici encore l’humain dans toute sa complexité et ses attaches, ses valeurs et ses contradictions, que Jean Boiron-Lajous nous donne à observer.

Suivi d’une rencontre avec le réalisateur, Jean Boiron-Lajous

LE MOT DU RÉALISATEUR

« J’ai choisi le road movie pour filmer une aventure à deux. On s’est rencontrés dans des voitures pourries, dans ce huis clos en mouvement qui nous a permis de nous raconter de façon intime et accélérée. J’ai aussi voulu m’inspirer de films que j’aime. Ceux qui sont des vents de liberté et d’insolence parfois, comme Thelma et Louise évidemment. Ou comme des voyages dans le passé,
tel le magnifique Old Joy de Kelly Reichardt. J’avais aussi envie d’offrir une expérience au-delà du film. Christine m’offre le récit de sa vie, de ses réflexions, d’elle-même. Je voulais lui offrir un tournage qui serait l’occasion de quelque chose. D’aller chercher une lettre que son père lui aurait laissée. D’aller vers la maison de sa mère aussi. Et aussi de proposer une expérience d’amitié et de cinéma. Et enfin j’aimais l’idée du trajet qui nous change, qu’on rentre du tournage comme on rentre de colo. Pas tout à fait les mêmes mais pas totalement autres non plus.[...] Il y a une idée reçue selon laquelle ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. J’y ai longtemps cru, et je pense qu’aujourd’hui je veux rompre avec cette idée. Cela fait partie des postures qui nous rassemblent avec Christine. Les blessures peuvent rendre singuliers, plus résistants parfois, plus beaux souvent. Mais elles nous fragilisent. Il faut composer, travailler, bricoler avec. Christine n’a pas choisi la violence, elle n’a pas choisi l’absence d’amour. Je n’ai pas choisi la dépression et le suicide de mon père. Ce film ne tente pas tant de réparer que de donner une forme à ces blessures, à la poésie cabossée qui émane des gens qui ont eu des traumas. Christine, moi, et tous les autres.
» - Jean Boiron-Lajous

La billetterie pour cet événement sera bientôt en ligne.

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