
Projection rencontre
Doux-rêveur, Sawada est un jeune artiste dont la carrière n’a pas encore décollé, et qui travail pour le moment dans la galerie d’un plasticien à l’égo surdimensionné. D’ailleurs, suite à une erreur, le voilà renvoyé ! Alors, Sawada comble son temps comme il le peut… et se met à peindre des ronds. Absurde? Pas plus que les règles actuelles du marché de l’art, s’est sûrement dit Naoko Ogigami. Dans cette comédie douce-amère, la réalisatrice questionne notre rapport à la création, et la valeur que nous sommes chacun·e prêt·e à lui accorder.
Suivi d’une rencontre avec Mohamed Ghanem, réalisateur et spécialiste du cinéma japonais
UN MOT SUR LE FILM
" C’est là toute l’ambiguïté du travail d’Ogigami Naoko : tout en faisant dire à son film que le marché de l’art est vérolé par les idées préconçues de ses promoteurs, elle transforme ce soit-disant geste anodin et vidé de toute substance, un cercle créé par l’ennui et répété à outrance par la demande du marché, en un motif cinématographique qui intègre une unité graphique dans une œuvre sur pellicule. Ogigami se sert de la faiblesse d’un art, soumis au capitalisme et aux effets de mode, pour en alimenter un autre. Remarquez qu’il est loin d’être impossible de faire le chemin en sens inverse, pointer les faiblesses du cinéma à travers une œuvre d’art contemporain. [...] On ressort de Maru comme on ressort de films tels que The Big Lebowski des frères Coen, d’une sorte de rêverie hallucinée, où l’agressivité du monde s’écrase dans le récit comme des vagues qui s’écrasent sur le rivage. Et on regarde ce spectacle avec sérénité." Maxime Bauer, EstAsia
