Jim Queen : rencontrez Jim Parfait !

Événement

Projection rencontre

Mardi 23 juin à 20h
Dans le cadre du Grand Ciné-club

Satire colorée à la fois contre la queerphobie et sur l’homonormativité (culte du corps), le scénario ne cesse de surprendre par sa créativité et son humour. On suit Jim, influenceur sexy dont la vie bascule lorsqu’il contracte l’hétérose : un virus transformant les hommes gays en hétéros! Avec Lucien, un jeune admirateur, ils vont sillonner tout Paris pour trouver un remède. Un film bourré de clins d’œil, tel celui adressé aux sœurs de la Perpétuelle Indulgence, sororité de drag nonnes créée à San Francisco en 1979 et ponctué d’interludes musicaux jubilatoires.

Ce film est disponible en version audiodécrite et sous-titrage pour personnes sourdes et malentendantes.

Suivi d’une rencontre avec Alex Ramires (voix de Jim), animée par Mélanie Simon-Franza, gérante de La Grande Distribution

LE MOT DES RÉALISATEURS

Simon Balteaux : Au tout début de l’écriture, il y a sept ans, il y avait une vraie légèreté. J’avais 35 ans, et j’étais enfin bien dans mes baskets. L’idée première de Jim Queen, c’était donc de mettre en valeur nos vies gays, en imaginant une satire où tout serait renversé. On a commencé à trouver des vannes sur les hétéros, mais c’était juste de la connerie. On voyait bien que ces blagues charriaient des questionnements sociaux hyper intéressants, mais c’était assez innocent. Et puis les années ont passé jusqu’à la sortie du film aujourd’hui. Je me suis pris une grande claque dans la gueule ces derniers jours [l’interview a été réalisée en mars 2026, ndlr] avec l’actualité au Sénégal, pays qui a adopté une loi réprimant très sévèrement l’homosexualité. D’un coup, nos blagues naïves deviennent politiques. Ce n’est pas bon signe, c’est même flippant : ça veut dire qu’on devient militants malgré nous. Alors qu’on voulait juste s’amuser en se disant : tiens, c’est marrant, les hétéros ont cette vie-là, nous on a plutôt celle-là.

Marco Nguyen : [...] J’étais très actif dans le milieu gay, et j’avais envie de m’inspirer de cet univers. Avec Simon, on s’est demandé comment incarner la communauté. On a vite imaginé qu’elle était en danger, mais il fallait trouver ce qui pouvait la menacer. C’est comme ça qu’est née l’Hétérose. Mais à l’époque, il n’y avait pas ce durcissement politique autour de nous. Aujourd’hui, ça résonne différemment. On a dû s’adapter. Ce qu’on voulait critiquer, ce n’étaient pas les hétéros en tant que tels, mais l’hétéronormativité – c’est-à-dire ce modèle imposé : un papa, une maman, des enfants, une maison, une voiture... 

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