
Projection rencontre
On raconte une légende dans le village de Yucha : autrefois s’est noyée une belle jeune fille, désespérée par un chagrin d’amour. Depuis, son esprit intranquille déclenche typhon et inondations. En cet été 1958, les catastrophes climatiques se multiplient, au point que l’on décide d’apaiser l’esprit au moyen d’un rite traditionnel particulièrement complexe.
On retrouve dans le film de Masakazu Kaneko le rapport, si cher à la culture japonaise, entre la nature et les esprits, qui cohabitent avec les autres êtres vivants et influencent leur destinée. Ici, forêts et rivière deviennent des personnages à part entière, avec leurs couleurs chatoyantes et leur voix propre.
Suivi d’un échange avec Mohamed Ghanem, réalisateur et spécialiste du cinéma japonais
UN MOT SUR LE FILM
« Dans sa composition de River Returns, Kaneko use surtout de plans fixes, rarement entremêlés avec un travelling ou un plan se déplaçant dans l’espace. Ce qui rend agréable la vision, ce n’est pas tant la composition de ses cadres que la manière dont Kaneko utilise le cadre pour permettre au spectateur de respirer dans la beauté de la nature qui entoure ses personnages (par exemple, les feuilles sur le sol, le balancement des branches d’arbres)
Toutefois, la beauté qui émane des images de nature ne repose pas uniquement sur les images en tant que telles, mais aussi sur le son qui animent les paysages naturels. Les sons diégétiques de la nature (le ruissellement de l’eau, le vent, le déluge, le gazouillis des oiseaux…) invitent élégamment le spectateur à apprécier pleinement la nature dans le cadre en donnant aux éléments naturels (le fleuve, les arbres) une présence sensible à l’oreille. » - Psychocinema
