Daughters Of The Dust : générations de femmes

Événement

Ciné-club

Dimanche 10 mai à 16h45
Le Ciné-club matrimoine lève le voile sur Julie Dash, une autrice trop oubliée !

Les Gullah sont des Afro-américains vivant dans les régions du sud des États-Unis, dont beaucoup décidèrent, au fil des décennies, de partir vers le nord. Après une enquête historiographique poussée sur les traces de ses propres ancêtres, la réalisatrice Julie Dash a choisi la fiction pour raconter les conditions de ces migrations, qu’elle interroge à travers plusieurs générations de personnages féminins. Le film raconte avec émotion les liens qui se tissent entre les êtres et interroge la question de la transmission de la mémoire. La terre est aussi au centre de ce film, cette terre où on cherche à s’enraciner ou dont on doit s’arracher, de gré ou de force. Rarement la ruralité n’aura été filmée avec une telle sensualité, éblouissante de lumière, à l’image de ces femmes débordantes de courage.

Séance suivie d'une rencontre avec Claudine Le Pallec Marand, conférencière en histoire et esthétique du cinéma

UN MOT SUR LE FILM

" [...] Le film refuse toute conclusion univoque ou simpliste. Il révèle que la ruralité gullah porte une ambivalence fondamentale : refuge et limite, protection et isolement, racines et immobilité. Pour certains personnages, rester sur l’île signifie honorer les ancêtres et maintenir le fil vivant de la mémoire ; pour d’autres, partir vers le continent représente une tentative de se libérer d’un destin inscrit jusque dans la terre elle-même. Dash n’émet aucun jugement moral sur leurs choix et réflexions ; elle se contente de mettre en lumière la tension intime et collective que ces décisions entraînent.

Ainsi, Daughters of the Dust propose une réécriture profonde de la ruralité afro-américaine, loin des clichés de la rusticité archaïque. Sur cette île, la terre, la poussière, le sable, l’eau et le vent sont les témoins et les instruments d’une mémoire vivante, un espace où les Afro-descendants tracent et transmettent leur histoire. Chaque geste, chaque rituel et chaque souffle de vent contribuent à une mémoire incarnée, tissée dans le paysage lui-même." - Noam Delcambre, Le Bleu du miroir

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