
Projection rencontre
La frontière du titre est omniprésente dans ce film qui mêle réalisme cru et onirisme. Le personnage, cinéaste en errance, ne cesse de la franchir, passant d’un lieu à l’autre, d’un état à un autre, d’un personnage à un autre. Toujours en mouvement, confronté à un monde de l’incertitude. Dans le désert algérien, son chemin croise en effet celui de trafiquants et met en lumière tout un monde de la débrouille, en marge des systèmes établis. Film noir tendu, western contemplatif, Bin U Bin se révèle aussi quête existentielle, voire chant d’amour.
Suivi d’une rencontre avec le réalisateur, Mohamed Lakhdar Tati, animée par le journaliste Nadir Dendoune
LE MOT DU RÉALISATEUR
« Pourquoi avoir choisi ce titre Bin U Bin (Entre-deux en français) ? Qu’est-ce que cette expression raconte du film ?
Elle raconte la contradiction, l’entre-deux. D’un jeune artiste d’abord, que l’on suit et qui est noyé au milieu d’un traf ic qui ne fait pas vraiment partie de son monde. Il y a un mariage de contradictions. C’est la première maté rialisation de l’expression Bin u Bin. Bin u Bin raconte surtout la frontière. La frontière nous sépare et nous relie. La frontière qui est à la fois le salut et l’abîme des contrebandiers. La frontière leur permet de vivre mais c’est aussi, en même temps, une source de danger. On est dans cette contradiction en permanence, ce Bin u Bin. » - Mohamed Lakhdar Tati, in Dzdia
