
Projection rencontre
C’est une colocation au 8e étage d’une grande tour, un groupe de filles qui n’a pas froid aux yeux quand il part à la conquête du monde de la nuit, maquillage au coin des paupières et sentiment de sa puissance chevillé au corps. Bérangère McNeese fait exploser les clichés de la « bande de filles » en décrivant avec justesse la dynamique des relations et la force que donne une sororité sans cesse réinventée. Jamais sexualisées par une caméra voyeuriste, ces filles racontent une nouvelle manière d’être au monde et d’y trouver sa place sans peur, même si ce n’est pas sans violence.
Suivi d’une rencontre avec la réalisatrice, Bérangère McNeese
LE MOT DE LA RÉALISATRICE
« J'aime beaucoup les récits de débrouille car au-delà de la précarité, ce qui me touche, c'est la créativité avec laquelle les héros vont s'en sortir. L'empathie se crée naturellement avec eux. A l'écriture des dialogues, je me disais que si ces filles étaient marrantes et débrouillardes, cela voudrait dire qu'elles sont malignes et on aurait envie de les aimer. Finalement elles ne se débrouillent pas si mal car elles ont un toit, ne sont pas seules, mangent à leur faim et parfois même, elles rentrent de boite avec de grosses sommes d'argent qu’elles dépensent joyeusement. Ce qui m'intéresse dans cette histoire c'est donc moins le rapport à la précarité que le fait de montrer que ces cigales décident de tout vivre à 100 Km/h. Mon but était de les garder dans cette bulle pour voir ce qu'il s'y passe. » - Bérangère McNeese
