
Projection rencontre
Dans ce remake du film des années 70 - qui avait choqué à sa sortie - Chloé Robichaud remet le désir féminin à l’ordre du jour. Deux voisines se rencontrent. L’une, en congé maternité, est à fleur de peau ; l’autre, en arrêt de travail, ne ressent plus rien : il est temps d’envisager une révolution sexuelle !
La cinéaste propose une comédie burlesque, rafraîchissante et surtout intelligente. Une belle réflexion sur le couple, le désir et la solitude contemporaine.
Suivi d'une rencontre avec la réalisatrice, Chloé Robichaud, animée par Elvire Duvelle-Charles
LE MOT DE LA RÉALISATRICE
« Le désir venait de travailler avec Catherine [Léger], j'aime beaucoup son travail. C'est une scénariste et dramaturge québécoise assez connue. J'avais vu toutes ses pièces, et je trouvais qu'elle avait un ton unique, un sens du dialogue et des répliques hallucinant. Son féminisme me parlait aussi beaucoup, car il est nuancé, décomplexé, et n'a pas peur d'aller dans certaines zones. Je l'avais déjà approchée, et je lui avais dit qu'on ferait un bon duo car nos univers sont connexes. Il y a cinq ou six ans de ça, c'est elle qui m'a appelée pour me parler de la pièce sur laquelle elle travaillait, Deux femmes en or, en me disant qu'elle pensait que ça m'irait bien. Je me suis alors souvenue du film original, que j'avais vu quand j'étais à l'université. Il faut savoir que c'est un film culte au Québec, un gros succès au box-office qui a marqué l'imaginaire collectif, car il faisait partie de ce qu'on considérait à l'époque comme des “films érotiques”, avec en toile de fond la révolution sexuelle des années 1970. Je m'en souvenais, et je trouvais ça assez fascinant de penser à ce que quelqu'un de brillant comme Catherine Léger pourrait en faire, avec un côté plus moderne, un regard d'aujourd'hui. J'avais bien envie d'aller dans cette direction, et de voir comment on pouvait parler de la sexualité des femmes en ce moment. Je trouvais aussi qu'il y avait de la place, dans la mise en scène, pour regarder ce sujet d'un point de vue plus féminin que dans le film de 1970. » - Chloé Robichaud, Actu
