Deburau : le génie Guitry !

Événement

Projection rencontre

Samedi 14 mars à 17h
Qui pourrait se lasser de Sacha Guitry?

Un paradoxe : le plus prolixe des cinéastes français incarne ici... un mime. L’auteur de Mon père avait raison est bouleversant en comédien vieillissant, qui doit accepter de voir son fils le remplacer, et peut-être le supplanter. Adaptant sa propre pièce, le cinéaste nous offre une émouvante réflexion sur la filiation et la transmission d’un art, lui qui ne voulut ou ne put de sa vie se défaire de l’ombre de son propre père, le célébrissime comédien Lucien Guitry.

Séance présentée par le distributeur, Emmanuel Atlan (Les Acacias)

UN MOT SUR LE FILM

« Le film n’est pas moins autobiographique que Le Comédien : c’est en jouant Pierrot fils face à Lucien que Sacha débute sur les planches en 1890, et c’est cette pièce que le père, brouillé avec lui depuis treize ans, choisira pour revenir le voir et renouer. De ce premier rôle muet, Guitry précisait dans ses Mémoires: «Jouer n’est pas tout à fait exact. J’ai figuré dans une pantomime.» Dans Deburau, son patron lui rappelle qu’il l’avait embauché tout jeune pour « figurer», et le cinéaste se saisit de la stylisation du noir et blanc pour figurer – aux deux sens du verbe, représenter et jouer anonymement et sans dialogue. Cette victoire du fard sur la chair, du masque sur l’ego, commence dès le premier […] Cet auto-effacement qu’on aura trop tôt fait de désigner comme une tartufferie relève d’un questionnement sur l’hérédité (au centre de Mon père avait raison, 1936) qui se résout par une transmission dans la douleur, une pass(at)ion père fils. […] Dans un geste magnifique, quand Deburau accepte enfin d’enseigner son art à son fils, il enduit à la main le visage du garçon de fard blanc. Cette caresse experte annule le terrible et long facepalm qu’il avait réservé, accablé, à l’aveu du jeune homme sur sa vocation. » - Charlotte Garson, Les Cahiers du cinéma

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