
Ciné-club
Trois femmes ont tué un homme qu’elles ne connaissaient pas. Comment expliquer ce déferlement de violence de la part d’individus sans histoires ? Une psychologue, déléguée pour le procès, tente de comprendre.
Pour son premier long métrage, Marleen Gorris impose une mise en scène aussi rigoureuse que sa démonstration : sa description d’un quotidien d’oppression résonne encore aujourd’hui, dans ce film de procès qui décortique les mécanismes d’une société inégalitaire.
Suivi d'un échange avec Claudine Le Pallec Marand, conférencière en histoire et esthétique du cinéma
UN MOT SUR LE FILM
« Le point de vue de ce film d’épouvante psychologique se cache dans la construction intelligente de l’intrigue et dans les remarquables rôles féminins. Le jeu des actrices nous apprend beaucoup sur leur talent mais aussi sur les qualités de réalisatrice de Marleen Gorris. Nous découvrons en même temps,voilée ici mais plus affirmée par la suite, une des principales caractéristiques de Gorris : bien souvent ses personnages sont des archétypes porteurs d’une idée plutôt que des personnes de chair et de sang. Cette caractéristique correspond à sa conviction que les idées sont plus importantes que les êtres humains. Si nous ajoutons à cela la distance « objectivante » avec laquelle la cinéaste traite son sujet - tant dans la narration que dans la prise de vue -, il est clair qu’elle ne souscrit pas à la manipulation émotionnelle que nous trouvons habituellement dans le film classique. De Stilte rond Christine M. fut couronné d’un Veau d’Or au Festival du film néerlandais en 1982. Les Pays-Bas gagnaient ainsi une cinéaste de plus, une féministe résolue saisissant la moindre occasion pour troubler profondément les esprits. » - Gerdin Linthorst, Les Plats Pays
