Je n'avais que le néant : Claude Lanzmann et les images manquantes

Événement

Projection rencontre

Jeudi 5 mars à 20h
Dans le cadre du Festival Best of Doc

Comment faire un film sur ce que l’on ne peut plus voir, sur ceux et celles dont on a fait disparaître les corps ? Ces questions morales et cinématographiques, Claude Lanzmann n’a cessé de se les poser, alors qu’il tournait ce qui allait devenir Shoah.

Grâce à un montage d’images jamais utilisées, Guillaume Ribot retrace le processus créatif du documentariste. Le réalisateur ruse pour filmer les anciens nazis, se confronte aux relents de l’antisémitisme et à l’horreur absolue de ce qu’il est en train de comprendre et de découvrir. Et sa voix devient alors celle de millions d’autres.

Suivi d’une rencontre avec la productrice, Dominique Lanzmann

LE MOT DU RÉALISATEUR

"Claude Lanzmann reconnaît n’avoir su que peu de choses de la destruction de Juifs d’Europe avant de commencer à travailler sur Shoah, rien sinon un chiffre abstrait : 6 millions de victimes. Il a donc passé beaucoup de temps au début à se documenter, mais même une fois le savoir et la culture acquis, il ne savait pas comment montrer à l’écran une histoire dont les traces avaient été effacées. Il s’est lancé à corps perdu dans ce film avec une intime conviction, mais sans savoir exactement ce qu’il allait faire ni où sa quête le conduirait.
Ça, ce n’est pas le Lanzmann que l’on connaît. Dans le film, je parle d’un homme qui cherche, qui vit des épiphanies successives – comme lorsqu’il comprend que le sujet de Shoah ne sera pas la survie mais la radicalité de la mort. Mais quand on cherche, on ne trouve pas toujours. Shoah, c’est aussi la quête d’un homme, la recherche et la construction d’un film qui repose sur des lieux vides, l’unique parole des témoins. C’est une tâche herculéenne.
" - Guillaume Ribot

Réservation
Retour en haut de page