
Projection rencontre
La théoricienne du cinéma Laura Mulvey nous entraîne dans une enquête parcourant des milliers d’années autour de la figure de l’Amazone. À travers ces images, doit-on voir la personnification d’une femme forte et guerrière ou bien un regard masculin pétri de fantasmes ? Le film n’offrira pas de réponse péremptoire, mais nous invite à questionner les représentations visuelles des femmes. Une réflexion qui, dans la continuité de Plaisir visuel et le cinéma narratif (1975), révolutionnera l’analyse critique de cinéma !
Suivi d’une rencontre avec la coréalisatrice, Laura Mulvey, animée par Teresa Castro, enseignante et chercheuse
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LE MOT DE LA CORÉALISATRICE
"Mon collaborateur et mari de l'époque (Peter Wollen, ndlr) a obtenu un travail aux Etats-Unis, à l'université de Northwestern. Nous y sommes allé‧es avec notre petit garçon et nous avons laissé dernière nous le milieu intellectuel britannique. On s'est retrouvé‧es tous les deux, comme un petit collectif. On commençait à s'intéresser au cinéma expérimental. On s'intéressait tous les deux à la psychanalyse, Peter adorait la linguistique, la sémiotique. Le patron de Peter, le chef du département, était un grand ami. Notre amitié était fondée sur notre amour commun du cinéma hollywoodien. Un jour il nous a dit : « Peter et Laura, si vous aimez tellement tous ces trucs d'avant-garde, on a du matériel ici, des caméras 16mm qui ne sont pas utilisées par les étudiants, pourquoi vous n'essayez pas de faire un film, pour qu'on voit de quoi il s'agit ? ». C'est comme ça qu'on a commencé. Ce premier film (Penthesilea: Queen of the Amazons, 1974, ndlr), on l'a surnommé notre film de la terre brûlée.
Juste avant, Peter avait écrit un essai sur Vent d'est de Godard et il avait trouvé le concept de « contre-cinéma ». Un cinéma qui rejetterait les principes et les conventions du cinéma « mainstream ». Notre point de départ était donc : comment rejeter tout ce qui est arrivé avant. Et comment concevoir une sorte de retour à zéro. Au cette époque, on écrivait des articles sur le cinéma, et l'idée de transcrire les idées sur la page en idées à l'écran nous semblait très excitante." - Laura Mulvey
