
Avant-première
Nigeria, 1993. Le pays s’apprête à vivre une journée historique : des élections pourraient renverser la junte militaire en place depuis 10 ans. Ce jour-là, un père décide d’emmener ses fils à Lagos.
Akinola Davies nous entraîne dans une épopée urbaine où il conjugue l’Histoire du Nigéria à celle, plus intime, de deux enfants se rapprochant de leur père. Un premier long métrage à l’esthétique envoûtante, où le grain de l’image rappelle celui de la pellicule de l’époque
Avant-première présentée et suivie d’une rencontre animée par l’association Cinewax
UN MOT SUR LE FILM
« Co-écrite avec son frère Wales Davies, et mettant en scène deux gamins de la campagne en excursion inattendue dans la grande ville avec leur père, cette évocation autobiographique déroulée le temps d’une journée fatidique – celle du coup d’Etat de 1993 –, subjugue surtout pour ce qu’en rapporte et façonne le cinéaste de séquences fracassées et inondées de tumulte, de tapage, de vie.
L’histoire file tout droit depuis son introduction bucolique, Remi et Akin en pyjama tchipant leur ennui dans la torpeur matinale sur le perron de leur maison, jusqu’à l’échappée finale dans la fumée de la ville qui s’embrase. Pourtant [Un jour avec mon père] ne se départit jamais de son regard abasourdi, limite halluciné sur la ville, celui des deux enfants mais aussi de Folarin, le père interprété par le Britannico-nigérian Sope Dirisu, dont les saignements de nez et l’agitation signalent quelque traumatisme tenu hors-champ le temps d’une dernière parenthèse plus ou moins enchantée. Arty, mais magnétique. »
Olivier Lamm pour Libération
