
Projection rencontre
17h : Maman déchire
Jeune maman, Émilie est en proie à des cauchemars. Pourtant, ils ne concernent pas son fils, mais sa propre mère. Alors, Émilie part en quête : en quête d’échanges, de fouilles, d'expériences… bref, d’elle-même ! Sur fond de mémoires empêchées, de souvenirs traumatiques, il ne faut pourtant pas s’y méprendre : c’est un film et un autoportrait truffé d’humour que propose Émilie Brisavoine ! Alors que la cinéaste passe d’une narration fluide à des essais plus expérimentaux pour faire resurgir le passé, elle nous guide vers une acceptation, non sans ironie, de l’irrésolu.
Séance suivie d'un échange entre la réalisatrice, Émilie Brisavoine, et un.e cinéaste de l'ACID
19h15 : Pauline s'arrache - Séance présentée par la réalisatrice
Il y a Meaud, la mère ancienne reine de la nuit, Fred, le père champion du transvetisme, Pauline, l’adolescente en crise, insolente et maligne… Et puis Emilie, la demi-sœur qui signe cet irrévérencieux portrait de famille !
Lors de sa sortie en 2015, Pauline s’arrache avait enthousiasmé la critique : ce documentaire hybride livrait une illustration précise de l’adolescence, tout aussi à vif, chaotique et truculent. Un impressionnant kaléidoscope, qui nous émeut par la tendresse avec laquelle Emilie Brisavoine décrit cette période de l’âge ingrat que traverse Pauline, ainsi que tous les membres de sa famille.
LE MOT DE LA RÉALISATRICE
"Dans Pauline s’arrache, je parlais de ma sœur et de sa relation à ses parents. L’idée de travailler sur les transmissions transgénérationnelles était déjà là. Cette fois, j’ai remonté une génération, en filmant ma mère. Comme je venais d’avoir un enfant, elle était très présente et je pressentais qu’il pouvait y avoir quelque chose de fort à raconter sur notre relation. Ma mère, c’est une personne fascinante et mystérieuse pour moi, parce que c’est quelqu’un avec qui je n’ai pas grandi et nous vivons depuis toujours une histoire complexe. […] Ce qui m’intéresse, c’est de représenter les flux de la pensée, de la psyché. De faire surgir un tissage qui représenterait ce qui nous travaille tous intérieurement. Quand on est en train de vivre quelque chose, on a constamment des images qui nous viennent, du passé jusqu’aux conneries qu’on a regardées sur YouTube. J’ai voulu faire une sorte d’anthropologie des images domestiques avec toutes ces images décriées pour leur banalité qui ne sont pas censées être du cinéma. Avant, c’était du super 8 et de la VHS, là c’est l’iPhone, les visios sur Skype, YouTube... Tout l’enjeu était de créer un récit universel à partir d’une matière documentaire très intime, d’arriver à parler de ces relations familiales complexes, douloureuses, qui touchent tout le monde et que chacun traverse comme il peut. Pauline s’arrache, oui, c’était le conte de fées. La matière y était foisonnante, il fallait que le récit soit très simple, avec une héroïne qui avait un problème qu’elle devait réussir à résoudre en affrontant ses démons intérieurs. Ici, l’idée, c’était d’aller davantage vers l’Odyssée. Vers un voyage initiatique, mais à l’intérieur de la psyché. » - Émilie Brisavoine