Les Rendez-vous du Japon : Les Amants Crucifiés

Événement

Ciné-club

Samedi 17 février à 15h
Le chef d-œuvre de Mizoguchi, en version restaurée et suivi d'une discussion !

Un couple adultère s’enfuit, poursuivi par la justice. La passion selon Mizoguchi, filmée avec ses fameux plans-séquences aussi élégants qu’implacables. Le maître livre l’un de ses films les plus sensuels et les plus furieux.

Séance accompagnée par Mohamed Ghanem, réalisateur et spécialiste du cinéma japonais

UN MOT SUR LE FILM

« Cependant, malgré la force prodigieusement convaincante de ce poème tragique, la philosophie qui s’en dégage n’est pas désespérée. Aux apparences, le cinéaste oppose la réalité ; aux contraintes brutales de l’ordre social, il oppose la vérité de l’ordre naturel ; au comportement égoïste de la plupart, il oppose la générosité des meilleurs : ce qu’il nous montre, c’est la lutte éternelle de deux ordres : l’un matériel, l’autre spirituel. Ce qu’il nous propose, c’est l’avènement d’un monde idéal où l’être s’accomplirait dans la beauté. Le chemin qui mène à cette contrée du bonheur, c’est le chemin de la liberté consciente, de la lucidité volontaire. Nous ne croyons pas déformer le message très discret de Mizoguchi en disant qu’il exprime avant tout une philosophie humaniste d’émancipation de l’homme.

Cependant ce message n’est pas ou n’est plus le fait d’un révolté. Cette étude de mœurs nous est présentée sous une forme épurée de la sagesse bouddhique ; le regard de l’artiste se pose rêveusement sur chaque détail pour le transfigurer ; le sentiment est sublimé, l’action spiritualisée. Pendant que le cœur sensible des femmes s’émeut du sort tragique des amants livrés à la risée, pendant que les tenants de l’ordre se réjouissent de les voir conduire au supplice, le couple symboliquement ficelé semble exprimer une calme béatitude comme s’ils pressentaient qu’ils parviennent à la sérénité suprême. Leur aventure tragique ne l’est qu’aux yeux des autres. La distance prise avec le réel oppressant devient infinie ; on les mène s’abîmer dans l’absolu qui les obsède. » - VE-HO, inMizoguchi

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